Arnaud Halet et le gamelan Javarennais

Kyai Bremånå est le gamelan Javarennais présent sur la représentation du nouveau projet de Paloma Fernández SobrinoFusée de détresse #1. Ce spectacle présenté le dimanche 8 juillet 2018 dans le cadre du festival des tombées de la nuit réunit le gamelan et les lecteurs de L’Encyclopédie des migrants.

Entretien avec Arnaud Halet, directeur musical du gamelan Kyai Bremånå pour mieux comprendre l’origine et la pratique de cet orchestre : 

 

Comment définirais-tu le gamelan  ?

Le gamelan est un orchestre de percussions principalement en bronze, il est originaire d’Asie du sud est, et plus particulièrement de l’île de Java en Indonésie. Il est constitué de métallophones, de gongs, de tambours, de flûtes et diverses percussions. Il est joué un peu partout et par tout le monde à Java, on apprend le gamelan à l’école dès le plus jeune âge. Il accompagne la vie des Javanais pour différentes occasions, qu’il s’agisse d’un baptême, d’un mariage, d’un décès ou pour des fêtes religieuses et des cérémoniels. C’est aussi un divertissement, on l’associe notamment au théâtre, c’est un art qui permet à la fois d’éduquer et de divertir le public.

 

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Selon toi, est-ce un instrument difficile à jouer ?

Non, pas dans un premier temps car dans le gamelan il y a des instruments très simples. D’autres sont très compliqués mais finalement ils sont tous aussi importants les uns que les autres donc on peut faire jouer en même temps des débutants avec des musiciens professionnels, tout le monde trouvera un instrument qui correspond à son niveau et à sa personnalité.

 

Comment a tu découvert le gamelan ?

J’ai découvert le gamelan pendant une formation pour être musicien intervenant, on m’a parlé du gamelan dans les musiques traditionnelles, je ne connaissais pas, j’ai donc emprunté un CD et ça a été un coup de foudre. J’ai étudié le gamelan en écoutant des disques et quelques temps après j’ai pu en acquérir un et partir étudier à Java.

 

 

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D’où vient cette passion pour le gamelan ?

Quand j’ai découvert cette musique j’y ai trouvé des éléments que j’avais aimé dans d’autres styles de musiques comme s’ils s’étaient tous retrouvés dans le même. J’ai essayé beaucoup d’instruments et le gamelan me permet de travailler des percussions, des instruments à vent, à corde et comme je n’ai jamais réussi à me fixer sur un seul instrument, le gamelan satisfait mes différentes envies car un musicien de gamelan doit apprendre à jouer de tous les instruments de l’orchestre.

 

 

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Qu’est ce qui t’a donné l’envie de participer au projet Fusée de détresse #1 ?

Suite à la rencontre avec Paloma Fernández Sobrino qui m’a été présentée par Elisabeth qui pratique les ateliers de gamelan, la compagnie L’âge de la tortue m’a expliqué la teneur du projet et je trouvais que ça correspondait très bien avec les idées que véhicule le gamelan sur l’ouverture, la solidarité et l’intérêt du collectif pour un instrument lui-même expatrié

 

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Est-ce que le gamelan, instrument étranger, a réussi à trouver sa place, ici, à Rennes ?

Selon moi, pas vraiment, pas encore, ça fait 8 ans que je suis à Rennes avec cette orchestre d’instruments et c’est toujours très compliqué de trouver une salle pérenne donc le gamelan se déplace en tant qu’instrument migrant. 

Je vais dans les écoles ou les conservatoires pour faire découvrir les instruments mais c’est très difficile de trouver un lieu avec une bonne visibilité pour le faire découvrir à un maximum de personnes.

 

Comment expliques-tu cela ?

Il y a beaucoup d’éléments mais c’est peut-être dû à un manque de curiosité de certaines personnes qui ne font pas forcément la démarche vers l’inconnu. C’est aussi parce que le gamelan est une musique beaucoup plus méditative et les gens sont peut-être d’avantages séduits par des musiques festives ou dansantes qui sont des musiques pour le corps, qui font bouger tandis que le gamelan cultive l’art d’être stoïque et favorise la méditation, c’est une musique pour l’esprit.

Entretien et photographies de Solenn Perdoux

 

 

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