Correspondances Citoyennes

Correspondances citoyennes

2009

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© Nylso, Correspondances /  © Paloma Fernández Sobrino, Cartes postales

De quoi s’agit-il, en quelques mots ?

L’âge de la Tortue invitait des auteurs, des plasticiens, des vidéastes, des metteurs en scène à initier une « correspondance » avec les personnes qui vivaient ou travaillaient dans un quartier populaire de Rennes : le Blosne. À partir d’une immersion de deux semaines au cœur de la réalité sociale du quartier, ces artistes cherchaient à transposer sur l’espace public la vision du monde dont sont porteurs les personnes impliquées dans le projet. Chaque correspondance était un objet qui s’adressait à une personne et appellait une réponse. Sa forme était entièrement libre ; son contenu traduisait le regard que porte l’expéditeur sur son territoire de vie à travers trois thèmes : l’urbanisme, l’immigration ainsi que notre rapport au temps et au travail.

Un principe d’action fondamental lors de la résidence :

Le premier principe de Correspondances réside dans le renversement du schéma classique de la relation artiste/habitant. S’intéresser à chaque personne avant d’essayer de l’intéresser à ce que nous faisons. On n’est plus face à un « public » constitué, qui se déplace dans un lieu culturel parce qu’il a fait le choix de découvrir le travail d’un artiste. C’est à l’artiste d’aller se frotter à l’inconnu ; il est à l’initiative de la rencontre avec les personnes qui vivent dans le quartier (tous âges confondus, et quel que soit leur niveau de relations – fort ou inexistant – avec les réseaux associatifs locaux), c’est donc à cet artiste d’imaginer comment cette rencontre, d’abord humaine, peut advenir. En résumé, Correspondances citoyennes était avant tout un projet artistique en prise avec la réalité vécue par nos concitoyens sur le Blosne.

Qu’est-ce qu’une « correspondance » ?

Une « correspondance » est un objet signé par son expéditeur, qui s’adresse à une personne et qui appelle une réponse. Sa forme était entièrement libre (textes, vidéos, installations, performances…) ; son contenu reflètait le regard que porte l’expéditeur sur la vie au Blosne. L’idée était d’interpeller les habitants sur des sujets qui font partie de leur quotidien mais pour lesquels leur avis est rarement sollicité. Chaque artiste déterminait à l’avance la question qui allait être la colonne vertébrale de son projet de résidence. Par exemple :

Quel impact le nouveau projet urbain du Blosne pourrait-il avoir sur la vision des Rennais sur ce quartier ?
Quelle vision de la vie en France les étrangers installés au Blosne transmettent-ils à leur famille restée au pays (vision réaliste, fantasmée, arrangée…), et pourquoi ?
Quelle place occupe le travail dans le quotidien des habitants du Blosne ? Comment la collectivité participe-t-elle à l’organisation du temps non travaillé ?
A quel endroit chacun imagine-t-il la frontière qui distingue la sphère privée de l’espace public ?

Bien entendu, au-delà de ces questions qui relèvent du politique, c’est d’abord la dimension sensible de la rencontre entre un artiste en résidence et une personne du quartier qui nous intéressait.

Chaque résidence se voulait être une occasion pour chaque personne de :

Se sentir légitime pour porter une parole, un sentiment, un point de vue sur la place publique,
S’aventurer hors de son cocon, au-delà de son espace intime, pour aller se frotter à des visions de la société aussi plurielles et variées que la population qui vit et travaille au Blosne.
Se confronter au travail de création pour imaginer de nouvelles manières de faire partager son propre regard sur le monde qui nous entoure.

Correspondances citoyennes réinvestissait finalement certaines questions-clés sur nos modes de vie en société : comment appréhender la diversité des réalités vécues sur un territoire ? Comment prendre en compte la singularité du regard et du parcours de chacun pour avancer vers un « mieux-vivre ensemble »?

Mobiliser 2 personnes et débuter 3 «correspondances».

Chaque artiste se donnait pour mission d’impliquer deux personnes résidant ou travaillant au Blosne dans le projet. Les rencontres étaient parfois nombreuses lors des résidences, il ne s’agissait pas d’engager une « correspondance » avec chaque personne rencontrée ; l’objectif ici était de faire passer deux personnes à un statut de « correspondants ». Les deux premières correspondances étaient le fruit du travail commun de l’artiste avec chacune de ces deux personnes ; la troisième, une production personnelle de l’artiste.

Qui est le destinataire ?

Le destinataire était une personne connue (voisin, famille, collègue…) ou inconnue (le maire, le directeur d’un centre culturel, un bailleur social, l’architecte d’un bâtiment du quartier, etc.) de l’expéditeur.